Critiques Juin 07

Excellentia

F.Martin: Le vin herbé; Sandrine Piau, Jutta Böhnert, soprans, Steve Davislim, ténor, RIAS-Kammerchor, Scharoun-Ensemble, Daniel Reuss; 2CD Harmnia Mundi HMC 901935; 2/06 (112'16)

Frank Martin (1890-1974) est non seulement une figure à part dans la vie musicale, mais il est la victime de courants contradictoires: trop conventionnel et trop réactionnaire pour les uns (les inconditionnels de l'avant-garde), trop morderne pour les autres (le public de musique classique). Nul ne s'étonnera donc que sa composition 'le vin hérbé' soit si mal connue!

Et pourtant cette grande oeuvre vocale est de la très belle musique!

'Le vin herbé' est un oratorio sur le sujet de la légende de Tristan & Iseut. A l'encontre de Wagner, chez qui les passions se déchaînent, Frank Martin fait parcimonieusement usage de sentiments. Chez lui, le sujet est sublimé, transcendé.

Le texte repose sur une adaptation du sujet médiéval par Joseph Bédiers et le coeur y joue le rôle principal, malgré le nombre impressonnant de solistes. C'est le choeur (et ses solistes) qui racontent et commentent l'intrigue. Les personnages de l'histoire racontée sont Iseut (Sandrine Piau), Tristan (Steve Davislim) , Branghien (Jutta Böhnert),  Iseut aux mains blanches (Hildegard Wiedemann), la mère d'Iseut (Ulrike Bartsch), Kaherdin (Joachim Buhrmann) et le roi Marc (Jonathan de la Paz Zaens). L'ensemble instrumental se compose de huit musiciens (sept cordes et un piano). Avec cette formation, Martin priviligie un style musical fluide découlant du choral, de la paslmodie et du madrigal et priviliégiant une retenue toute dévouée à la sensualité de la beauté sonore.

L'ambition de cette composition la rend extrêmement difficile et prérilleuse pour les exécutants. Le choeur doit répondre à des exigences les plus sévères: précision absolue, homogénéité parfaite, bref une culture vocale de la plus haute qualité.

C'est justement ce qui distingue l'interprétation du RIAS-Kammerchor, purement sublime. L'ensemble Scharoun fait lui aussi preuve d'une excellence qui traduit la riche partition de Frank Martin avec un souci évident de cohésion et de tenue. Sandrine Piau est brillante et émouvante dans le rôle d'Iseut, et sa voix contraste agréablement avec Jutta Böhnert. Steve Davislim est un excellent Tristan et les autres rôles sont aussi impeccablement chantés.

Voilà donc un enregistrement magistral que l'on ne peut que recommander à chacun qui est disposé à se laisser envoûter par une compostion qui n'est certainement pas faicle, mais, à mon avis, hautement enrichissante. Ma

Pizzicato Juin 07


Supersonic

A. Bruckner: Symphonie Nr.7, Orchestre Metropolitain du Grand Montreal, Yannick Nezet-Seguin; 1 SACD Atma 2 2512; 09/06 (70'03)

Dies ist ein unerhört schöner und erhabener Bruckner! Yannick Nezet-Seguin führt Bruckners Siebte quasi als Messe auf, wobei die Grenzen der Religiosität aber immer wieder gesprengt werden und sich die Musik in andere, unbekannte Sphären begibt. Dem jungen Dirigenten gelingt das einmalige Kunststück, diese Symphonie als transzendentale Erfahrung anzusiedeln und zugleich die Musik als Quelle humanistischen Seins erklingen zu lassen. Hier ist nichts mehr so, wie man es gekannt hat.

Bruckners Monumentalität weicht anderen Gesetzmäßigkeiten. «Zum Raum wird hier die Zeit», heißt es In Wagners 'Parsifal', und genau so muss man diese Aufnahme auch hören. Wir befinden uns in einer Art Gralstempel, wo die Musik alles ausfüllt, und Zeit, Tempi, Dynamik nur noch untergeordnete Rollen zu spielen scheinen. Ich wage zu behaupten, dass Nezet-Seguin noch einen Schritt weiter geht als Jochum, der Bruckners Religiosität eher als Gottesanbetung deutet oder Celibidache, der die Monumentalität und seine direkte Wirkung in den Mittelpunkt setzt. Diese kanadische Aufnahme lässt sich aber schwer festlegen, bewegt sie sich doch in Sphären, in denen Worte jede Bedeutung verlieren. Das hervorragende Spiel des 'Orchestre Métropolitain du Grand Montreal' sowie die exzellente SACD-Aufnahme, übrigens ein Live Mitschnitt aus der 'Eglise Saint-Nom-de-Jesus' in Montreal, sind wesentlich am Gelingen dieser doch außergewöhnlichen und bahnbrechenden Bruckner-Deutung beteiligt. Selbst wenn man zehn der besten Einspielungen von Bruckners Siebter besitzt, an dieser grandiosen Einspielung kommt niemand vorbei. Steff

Pizzicato juin 07



Supersonic

G. Mahler: Symphonie Nr.l; Royal Concertgebouw Orchestra, Mariss Jansons; 1 SACD RCO 07001; Live 11/06 (54'47)

Kein Zweifel: das ist eine Aufnahme, die dem Hörer viel bringt! Schon das 'Langsam schleppend (Wie ein Naturlaut) - Im Anfang sehr gemächlich' des ersten Satzes gewinnt hier eine neue Bedeutung, weil es noch radikaler auf Mahlers Vorstellungen zurückzugehen scheint. Jansons wählt langsamere Tempi, dirigiert nuancenreicher, gefühlvoller auch. Daran sei das Erlebnis seines Herzinfarktes schuld, meinte er in einem Interview: «Ich habe zum Beispiel im Nachhinein bemerkt, dass ich langsame Tempi jetzt viel besser beherrsche, dass ich sie besser ausfüllen kann. Ich fühle mich reicher in meiner inneren Welt. Und wenn man weiß, dass man viel zu sagen hat, dann kann man ein langsames Tempo besser ausfüllen. Wenn Sie nicht so viel zu sagen haben, dann sind Sie ein bisschen schneller. Ich genieße ruhige Musik mehr als früher, weiß jetzt mehr mit ihr zu sagen. Das ist seelische Nahrung für mich!» Und seelische Nahrung für den Zuhörer! Am ersten Satz dieser Mahler-Aufnahme ist es nachzuvollziehen. Phänomenal sind ihm (hier wie später im 3. Satz) die verhaltenen, kammermusikalisch aufgelichteten Stellen gelungen. Nach dem bewegten zweiten Satz, der uns ausreichend Gelegenheit gibt, die Klangkultur des RCO zu genießen, folgt der dritte Satz, 'Feierlich und gemessen, ohne zu schleppen'. Ja, denkt man, so muss es sein, das ist Mahlers Tempo!

Aber hinzu kommt ein Espressivo, das immer wieder rechts und links Passagen ausleuchtet, die wie aus einer anderen Welt herüberklingen.

Im Finale bleibt es nicht beim 'Stürmisch bewegt'. Statt die Musik dramatisch zu elektrisieren, bemüht sich der Dirigent, das ganze Spektrum klangfarblicher und dynamischer Abstufungen auszuloten und uns mit einem in ihrer Transparenz und Fülle erstaunlichen musikalischen Reichtum zu packen.

Eine großartige Interpretation, die durch ein sehr natürlich wirkendes Surround sich auch aufnahmetechnisch auf höchstem Niveau bewegt. RéF


Supersonic

Dom Paul Benoit O.S.B.. Consolatrix Afflictorum: Pièces d'orgue sur des chants de l'Octave de Notre-Dame de Luxembourg; Gérard Close, orgue; 1CD Art sacré RCB01042007; 02/07 (52'27)

Culte et culture sont étymologiquement unis et viennent tous les deux du mot 'colere' latin, qui signifie non seulement cultiver, mais qui désigne également l'action de vénérer les dieux domestiques. Aussi n'est-ce pas un hasard que les religions aient, depuis la nuit des temps, agrémenté leurs actions de culte des formes d'art les plus diverses. La religion catholique ne fait nullement exception à cette règle et enrichit ses liturgies de chants et de musique. Le chant intrinsèquement lié à la religion catholique est le chant grégorien, aussi encore appelé plain-chant, à qui se sont ajoutés par la suite une multitude de chants populaires et de cantiques alors que l'instrument d'église est par excellence l'orgue à tuyaux, dont le souffle majestueux symbolise le souffle divin et les rangées de tuyaux la grande assemblée des fidèles. Cette convergence des quatre éléments spiritualité, plain-chant, cantique et orgue ont depuis longtemps généré un patrimoine organistique extrêmement riche mais qui ne quitte que très rarement le cadre des liturgies pour lesquelles il est composé, et très souvent le voile de l'oubli le recouvre à la mort de son auteur en attendant une résurrection fortuite.

Tel est, en partie, le cas pour l'CEuvre de Dom Paul Benoît, moine, compositeur et organiste de l'Abbaye Saint Maurice de Clervaux. Bien sûr, une partie de son Oeuvre a déjà fait l'objet d'une publication alors que Maître Albert Leblanc et Carlo Hommel ont chacun déjà gravé des disques avec des CEuvres du moine. Mais Carlo Hommel, qui était très attaché à l'Abbaye de Clervaux, projetait d'enregistrer encore d'autres Oeuvres de Dom Benoît ce donz le tragique destin l'avait empêché. C'est donc Gérard Close, organiste de l'Abbaye depuis le décès du moine compositeur, qui reprend le flambeau de main de maître. Ce disque est un véritable hymne à la gloire de la musique d'orgue luxembourgeoise et au patrimoine sacré national puisque toutes les pièces enregistrées ici sont des paraphrases ou des cycles de variations sur des plains-chants ou des cantiques de l'Octave. A l'écoute de ce disque, des réminiscences anciennes refont immédiatement surface et l'on ne peut s'empêcher de songer aux offices somptueux de la Cathédrale, lorsque Maître Leblanc variait les mêmes cantiques ou, par pieux respect, interprétait aux grandes orgues les pièces de son ami Dom Paul Benoît. L'orgue de l'Abbaye de Clervaux n'a bien évidemment pas la taille de celui de la Cathédrale, mais la musique a été écrite pour cet instrument, et dès lors, elle lui va comme un gant. Gérard Close connaît bien cet instrument, et il connaît également bien l'Oeuvre du Père Benoît. La réalisation quasi artisanale de cet enregistrement, n'enlève rien à la grandeur de cette musique. Tout au plus pourrait-on lui reprocher une prise de son un peu trop proche de l'instrument, mais c'est un choix artistique qui se défend. Le livret qui accompagne le CD présente, en français, une courte biographie signée Luc Deitz, avant de laisser la parole au compositeur lui-même. Par la suite, et l'idée est suffisamment originale pour être soulignée, le livret contient tous les plains-chants et les cantiques qui sont paraphrasés par Dom Benoît. Ce CD jette donc une lumière éclatante sur un patrimoine largement sous-estimé et relégué, à tort, aux poussières de l'oubli. Pirath

 


Supersonic

B. Bartok: Quator no.5; P.Hindemith: Quatuor no.4 op.22; Zehetmair Quartett; 1 CD ECM New Series 1874 476 5779; 6/06 (50'47)

Voici Béla Bartk et Paul Hindemith décortiqués sans ménagements, un véritable travail de titan qui mérite d'être salué à sa juste valeur. Le résultat, cohérent à l'extrême grâce à l'approche réfléchie du Zehetmair Quartett, possède une qualité sonore très directe et évite de s'embourber de tout rubato excessif. Béla Bartok a composé ce cinquième quatuor en un mois à peine, et on y retrouve de nombreux traits caractéristiques, que ce soit l'apparition tout au long des 5 mouvements contrastés d'éléments mélodiques et rythmiques empruntés au folklore, ou la présence d'une recherche de timbres qui tente, de même que la structure harmonique, de repousser les barrières traditionnelles, sans pour autant se départir de ce sens inné d'équilibre dans la construction, si développé chez ce compositeur perfectionniste et au langage absolument unique.

L'interprétation du Quatuor n° 4 de Paul Hindemith est tout aussi impressionnante et précise, les voix se mêlent sans jamais entraver le discours musical, et les parties secondaires soutiennent avec sensibilité la mélodie principale. Cette page est étonnamment colorée et expressive dans sa complexité contrapuntique, et les membres du Zehetmair Quartett: Thomas Zehetmair et Kuba Jakowicz, violons, Ruth Killius, alto et Ursula Smith, violoncelle, trouvent ici le juste mélange entre une approche purement cérébrale et l'expression courageuse d'une personnalité riche en idées et en émotions. Itb


Supersonic

Music for Compline, Werke von Byrd, Tallis, Sheppard et al.; stile antico; 1 SACD Harmonia Mundi HMU 807419; 4/06 (74'34)

Was für eine Produktion! Mit seiner Debut-Aufnahme, einer Zusammenstellung von Werken englischer Meister des 15, und 16, Jahrhunderts, die im monastischen Kontext zur Komplet hätten gesungen werden können, macht das junge englische Ensemble 'stile antico' auf sich aufmerksam, wie es den etablierten Ensembles in dieser Repertoire-Nische nur selten gelingt. Zum einen trägt zum positiven Gesamteindruck die Werksauswahl bei. Gleich das eröffnende 'Libera no's von John Sheppard spült den Hörer mit einer Woge komplex polyphonen, erhabenen Wohlklangs in schönere Gefilde. Die nachfolgenden Werke sind nicht von der gleichen ozeanischen Kraft - wenn auch durchaus voll kraftvoller und auch harmonisch verwegener Momente, bieten dem Ensemble jedoc:h Gelegenheit, seine enorme Vielseitigkeit ausgiebig zur Schau zu stellen. Und die ist es auch, die immer wieder geradezu entrückende Momente hervorruft.

Ob es der immens warme, volle und ausgewogene Ensembleklang ist, die Subtilität in der Dynamik oder die wie Federn über die Melismen dahinschwebenden Soprane. Klar wird hier eindeutig der englischen Schön klang-Schule gehuldigt, aber die hat auch schon manch einmal zuvor große Aufnahmen zu verantworten gehabt. Mit seiner ersten CD legt dieses Ensemble einen klaren Kandidaten für die Jahresliste vor - für die Zukunft wird, sollte der eingeschlagene Weg beibehalten werden, noch einiges zu erwarten sein. ejh


Supersonic

O.Schoeck: Concerto for Cello and String Orchestra, op.61; Sonata for Cello and Piano; 6 song transcriptions; Christian Poléra, Cello, Julius Drake, Piano, Malmö Symphony Orchestra, Tuomas Ollila; 1 CD BIS CD 1597; 2006 (57')

Othmar Schoeck wrote very few pieces for orchestra, and even fewer for full orchestra. This seems to be a pattern with 20th-century Swiss composers, perhaps due to the ready availability of chamber orchestras and smaller groupings, in addition to the standard-sized ensembles in Zurich and Geneva. Or maybe it's a leftover Calvinist inhibition. Whatever the ultimate reason, Schoeck is best known as a song composer, and his Cello Concerto is scored for solo plus strings. Happily, the limited forces result in music that lacks neither color nor variety.

The work's four movements play for a bit more than half an hour and are well contrasted, while the composer's expertise in writing vocal music assures a quantity of lyrical and attractive melodic ideas. Christian Poltéra plays it very well, with aptly singing tone and plenty of rhythmic heft. There are a couple of places in the long first two movements (taking up two-thirds of the whole) where Schoeck, and not the players, lets the tension sag a bit, but the problem isn't too serious. Conductor Tuomas Ollila and the orchestra sound perfectly comfortable in music that hardly could have been familiar to them.

Schoek died in 1957 before he completed his Cello Sonata, leaving it a three-movement torso that ends, rather touchingly actually, with a somewhat slender Andantino. Still, the piece clearly lacks a satisfying conclusion, and since these two works comprise the composer's entire output for cello, Poltéra and his accompanist Julius Drake include six song transcriptions tastefully arranged for cello and piano.

David Hurvitz, ClassicsToday.com

Bulletin de commande
Article Quantité Prix unité Prix total

Bruckner, Anton
Symphonie No.7 en Mi Majeur
Orchestre Métropolitain du Grand Montréal
Chef d'orchestre: Nézet-Séguin, Yannick
Parution: 05.06.2007
Atma Classique 103185-006-CACD22512 (1 SACD)
21.50

Byrd - Sheppard - Tallis
Music for the Compline
Interprète: Stile Antico
Parution: 05.06.2007
Harmonia Mundi 201492-005-HMU807419 (1 CD Audio)
25.00

Dom Paul Benoît
Consolatrix Afflictorum
Interprète: Close, Gérard
Parution: 05.06.2007
Art Sacré 201509-081-RCB01042007 (1 CD Audio)
23.00

Mahler, Gustav
Symphony No.1 in D Major
Royal Concertgebouw Orchestra
Chef d'orchestre: Jansons, Mariss
Parution: 05.06.2007
RCO Live 501550-004-RCO7001 (1 SACD)
25.50

Mahler, Gustav
Symphony No.1 in D Major
Royal Concertgebouw Orchestra
Chef d'orchestre: Jansons, Mariss
Parution: 05.06.2007
RCO Live 501550-004-RCO7001 (1 SACD)
25.50

Martin, Frank
Le vin herbé - Der Zaubertrank
Scharoun Ensemble
Chef d'orchestre: Reuss, Daniel
Interprète: Böhnert, Jutta - Davislim, Steve - Piau, Sandrine; Rias Kammerchor
Parution: 05.06.2007
Harmonia Mundi 501488-005-HMC 90193536 (2 CD Audio)
26.50

Schoeck, Othmar
Christian Poltéra plays Othmar Schoeck
Malmö Symphony Orchestra
Chef d'orchestre: Ollila, Tuomas
Interprète: Christian Poltéra; Drake, Julius
Parution: 04.04.2007
Bis Records AB 701680-004-BISCD 1597 (1 CD Audio)
20.00
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